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Complémentaire santé obligatoire pour tous les salariés : une mutation du secteur qui s’accélère

Claire

Lundi 05 Octobre 2015

Complémentaire santé obligatoire pour tous les salariés : une mutation du secteur qui s’accélère

L’horizon 2016 annonce l’entrée en vigueur de la transposition ANI (Accord National Interprofessionnel) qui rendra obligatoire, pour toutes les entreprises, la couverture par une complémentaire santé de tous leurs salariés.

Un grand bouleversement s’annonce du côté des banques, assurances et mutuelles qui vont devoir jouer des coudes pour se positionner sur le marché de l’assurance collective. Environ 4 millions de salariés, qui ne bénéficient pas de mutuelles via leur entreprise, sont concernés.

Pour les mutuelles, les assurances et les banques, Presse Agrumes s’interroge sur les leviers marketing et commerciaux qui leur permettront de survivre à ce bouleversement.

 

Que prévoit la réforme ?

D’ici le 1er janvier 2016 toutes les entreprises du secteur privé devront avoir mis en place une complémentaire santé collective pour l’ensemble de leurs salariés. Le but de cette réforme est de permettre un meilleur accès aux remboursements des soins pour les salariés, quel que soit leur secteur d’activité ou le poste qu’ils occupent. Quatre millions de personnes sont concernées, parmi elles cependant, ce ne sont que 400 000 personnes qui ne bénéficient d’aucune couverture tandis que les autres bénéficient d'un contrat de couverture individuelle.  

La mise en place de la réforme prévoit un socle de base de garanties obligatoires qu’on appelle de panier de soin minimal. Les entreprises sont libres de négocier avec leur partenaire (banque, assurance, mutuelle) une couverture supérieure au socle de base L’autre obligation des entreprises concerne la prise en charge des cotisations qui doit être au minimum de 50% du coût total.

 

Pourquoi cela va bouleverser le marché ?

En France, l'ensemble du marché de la complémentaire santé s’évalue à 33 milliards d'euros. La réforme ANI devrait faire basculer 5 milliards d'euros de primes de l'assurance individuelle vers le domaine du collectif. Un gâteau à se partager entre les spécialistes actuels de l’assurance collective mais aussi de nouveaux entrants tels que les banques.

 

Comment s’y préparent les entreprises ?

Les entreprises ont jusqu’au 1er janvier 2016 pour :

● choisir une complémentaire santé, ou 

 réévaluer leur contrat d’assurance collective si les garanties prévues sont inférieures au panier de soins minimal, ou

 revoir le financement des garanties quand le financement patronal est inférieur à la cotisation de 50% obligatoire.

Pour les entreprises bénéficiant d’un accord de branche professionnelle, c’est cette dernière qui négocie ou recommande le partenaire santé pour l’accompagner dans ces évolutions. Pour d’autres entreprises une négociation avec les syndicats est en cours. Enfin, pour toutes les autres PME/TPE, la décision revient au dirigeant de l’entreprise. Elle peut être unilatérale comme découler d’un vote des salariés. Dans tous les cas, l’employeur doit permettre l’affichage des garanties négociées au sein du lieu de travail. 

La concurrence s'annonce féroce. Le marché de la complémentaire santé est donc en plein décloisonnement. « Tous les assureurs se lancent dans la bataille pour séduire les employeurs contraints de choisir une assurance - une véritable guerre des prix a déjà commencé » (La Tribune).

Objectif : innover pour rester compétitif ! D’autant plus que les banques vont essayer d’envahir ce nouveau marché en déclinant de nouvelles offres et de nouveaux services.

 

Quels sont les outils marketing pour appréhender les évolutions du secteur ?

En passant du domaine de la couverture individuelle à celui de la couverture collective, les assureurs, les instituts de prévoyance, les courtiers ou les banques doivent d’abord repenser leur offre commerciale. Il faut parler à une nouvelle cible : le chef d’entreprise, le comptable, le directeur financier… Proposer une ou des offres qui s’adaptent à la situation de l’entreprise est primordial.

La démarche doit rester claire, facile et simple. Car la majorité des dirigeants souhaitent se mettre en conformité avec la loi ANI, au meilleur prix mais aussi et surtout en évitant trop de démarches administratives.

Puis c’est le profil du consommateur de l’assurance qui doit être étudié. Le digital prend une place de plus en plus forte dans les usages, faisant de chacun, un consommateur beaucoup plus autonome : utilisation des comparateurs, recherches internet… Il s’agit donc de repenser le parcours client dans une optique « omnicanal » où l'utilisateur doit trouver l’information souhaitée partout, tout le temps et sur n’importe quel support (ATAWAD : AnyTime AnyWhere AnyDevices).

Enfin, il s’agit de s’assurer une visibilité maximale. Pour les acteurs spécialistes de l’assurance collective, le but est de mettre en valeur leur expérience. Tandis que les nouveaux entrants vont devoir assurer leur légitimité en proposant une information précise et qualitative se basant sur des offres compétitives. Réseaux sociaux, applications mobiles, qualités des contenus,... : autant de clés pour composer avec ces nouvelles règles du jeu. 

 

Sources : 

> Association Française de l'assurance

> Le Figaro.fr

> La Tribune

 

Photo : Alex Proimos

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